L’agroécologie et la permaculture

Stéphane Bonneval, agroécologiste, producteur local de noix, d'huile de noix, maraicher en permaculture à Bétaille, Lot, 46.
Stéphane et son fils Alexis, en plein paillage de la serre pour la plantation des tomates. Nos cultures poussent sur un sol vivant, où les vers de terre, moisissures et micro-organismes vont leur apporter les nutriments et l’énergie nécessaires à la croissance.

L’agroécologie : définition

L’agroécologie (ou agro-écologie) est un ensemble de techniques agricoles qui vise à atteindre une production plus responsable et de meilleure qualité. Lorsqu’un agriculteur adopte une démarche agroécologique, il s’associe à la nature et cherche à profiter des services écosystémiques rendus par les espèces animales et végétales peuplant son exploitation.

Le modèle agricole actuel est un des principaux responsables du changement climatique avec ses émissions de CO2. Les grandes étendues de monocultures sont vulnérables aux maladies et aux insectes ravageurs qui peuvent se propager très vite d’une plante à l’autre. De plus, l’homogénéité génétique expose davantage les cultures aux attaques.

Pourtant, ces pratiques de l’agriculture conventionnelle vont à l’encontre d’une règle économique basique : la diversification, le fameux “éviter de mettre tous ses oeufs dans le même panier”.

source : greenwashingeconomy.com/definition/agriculture-durable-2/definition-agroecologie/

Nous n’arrosons plus nos noyers depuis plusieurs années pour respecter la préservation de l’eau dans notre région.
Pourtant ils supportent désormais mieux la sécheresse, et leurs noix sont de meilleure qualité.
Les animaux leur apportent du fumier.

Les objectifs de l’agroécologie

  • Une exploitation plus résiliente : diversifier ses sources de revenu, gagner en autonomie pour mieux résister aux aléas climatiques et économiques.
  • Optimiser et équilibrer les flux de nutriments : Les couverts végétaux, notamment les légumineuses utilisées pour enrichir la terre en azote, permettent de mettre en place une alternance de cultures. La terre n’est jamais laissée à nue et ces cultures peuvent servir à alimenter les animaux présents sur la ferme. Le fumier issu des animaux est ensuite utilisé pour fertiliser le sol.
  • Préserver les ressources naturelles : L’eau, le sol, l’air et la biodiversité ont un impact direct sur le rendement des cultures. L’agroécologie permet d’économiser l’eau, elle préserve le sol de l’érosion et sa microfaune.
  • Favoriser la diversité spécifique et génétique : La diversité génétique des semences a chuté de manière vertigineuse au cours du XXème siècle. Cela explique entre autres la sensibilité des plantes aux maladies et donc la nécessité de recourir à des intrants chimiques. Par conséquent, les paysans sont totalement dépendants des grands groupes de l’agrobusiness, à la fois pour leurs semences non reproductibles qu’ils doivent renouveler mais aussi pour le recours aux engrais et aux pesticides.
  • Minimiser l’usage des intrants et ressources fossiles : Certains intrants (engrais et produits phytosanitaires) utilisés dans l’agriculture intensive sont issus de l’industrie pétrochimique. La mécanisation excessive et l’irrigation sont également consommatrices de ressources fossiles. En agriculture conventionnelle, le paysan dépend donc fortement des cours mondiaux des matières premières.
  • Contribuer au système alimentaire local : Ecouler sa production agricole sur les marchés locaux permet de réduire la dépendance aux exportations et donc à la demande mondiale. C’est aussi un moyen de réduire la distance parcourue par les denrées alimentaires.
  • Promouvoir les services écologiques : L’agroécologie cherche à encourager les complémentarités entre espèces de plantes et d’animaux. En effet, certaines plantes sont utilisées pour repousser les nuisibles ou attirer leurs prédateurs, ou encore pour fixer l’azote dans le sol.
    • De même, l’agroécologie considère que le travail du sol (labour avec tracteur) perturbe la biodiversité présente près de la surface. La disparition des vers de terre est un bon exemple des dégâts occasionnés par l’agriculture conventionnelle sur les sols.
    • Après les avoir systématiquement retirés pour augmenter la taille des parcelles, les arbres font leur grand retour. L’agroforesterie s’inspire du système forestier qui est un modèle en termes de production et de résilience.

source : greenwashingeconomy.com/definition/agriculture-durable-2/definition-agroecologie/

aubergines et concombres cultivés en permaculture à Bétaille 46
Les cultures sont associées entre amies pour s’entraider. Sur cette photo, les aubergines sont à côté des concombres.
courgettes cultivées en permaculture, à Bétaille, 46
Un jeune plant de courgettes… le liseron s’invite très vite. Mais pas besoin de biner le sol, il est toujours recouvert, les plantes indésirables sont en générale vite arrachées.
cultures de courgettes en agroécologie à Bétaille, 46
Les courgettes prennent très vite beaucoup de place et sont plus productives en permaculture.
Tomates cultivées en agroécologie selon les principes de la permaculture, à Bétaille, Lot, 46
Poivrons et tomates anciennes, stars de l’été.

La permaculture : Définition

« La permaculture représente plus qu’une simple technique de culture, elle nous incite à considérer un champ, un projet ou une société comme un système où tous les éléments sont interconnectés, un peu à la manière d’un écosystème naturel. Pour cela, il faut s’inspirer de la nature et des interactions qui existent entre différentes espèces au sein d’un écosystème.

Ainsi la permaculture s’articule autour de grands principes éthiques et invite à être attentif aux autres, à notre impact sur la terre et à une redistribution du surplus à la communauté. En résumé, se lancer dans la permaculture, c’est adopter une vision globale et cyclique au lieu d’une vision pyramidale de la nature et de la société pour faire en sorte que chacune de nos actions soit réfléchie, évite la production de déchets, produise des externalités positives (création d’emplois, lien social, préservation des sols, etc). »

Source : greenwashingeconomy.com/definition/agriculture-durable-2/permaculture-definition/

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